• Eglise Sainte-Marie Madeleine de Nivelle

    Eglise Sainte-Marie Madeleine de Nivelle

     

    Eglise Sainte-Marie Madeleine de Nivelle
      
    Sur l’ensemble assez plat du territoire, émergeant des maisons et des jardins, une motte très grande et très haute, environ 10 m au dessus des environ, a porté l’église et le cimetière. Cette élévation exceptionnelle est-elle naturelle, ce qui est peu probable, ou faite de main d’homme ? A-t-elle préexisté à la construction de l’église ? Auquel cas, il pourrait s’agir d’un tumulus antique.
    Ou n’est-ce qu’un moyen pour échapper aux inondations fréquentes de la Scarpe et de ses ruisseaux affluents ? Mais alors, pourquoi n’avoir pas fait de même à Dons (aujourd’hui Maulde), Lecelles et autres lieux inondables ? Disons que le mystère reste entier mais que cette éminence a été signalée dans de nombreuses chroniques, dont celles de Masse, des visiteurs des paroisses…
    Cette église sainte Marie-Madeleine, vocable rare en nos régions, apparaît ruinée sur l’undes gouaches des Albums de Croÿ, vers 1603, puis a été reconstruite en 1781 dans le style classique très épuré habituel en notre région, sur les plans d’un religieux de Saint- Amand.
    Détruite lors de la guerre de 1914, elle sera rebâtie en 1925 mais en bas de son monticule. C’est l’architecte Léon Raux, exerçant à Saint-Amand, qui a donné les plans, longuement discutés avant d’être exécutés de façon beaucoup plus sommaire que les pro- jets. La réception définitive n’a eu lieu que le 25 mars 1935.
    Ce n’est pas un édifice remarquable, au style assez composite, ayant souffert de la réduction drastique des premiers plans.
    Aujourd’hui, le cimetière est établi autour de cette église et l’ancien est seul sur la buttesur laquelle on parvient par des escaliers sinueux.
    Le vocable de sainte Marie-Madeleine n’est pas très ancien et ne peut remonter guère au-delà du XIIIe siècle. A-t-il été changé lors de la séparation d’avec Thun en 1268 ? N’y avait-il pas d’église auparavant ? Cette hypothèse est la plus vraisemblable mais n’explique pas la butte !
    C'est de l'histoire ancienne mais finalement pourquoi l'église n'a pas été reconstruite sur sa butte un mystère...
     
    Eglise Sainte-Marie Madeleine de Nivelle
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    Un rare exemple de terp avéré ...

    la paroisse Sainte-Marie-Madeleine

    Dans le quartier du Pévèle d'Orchies, la paroisse Sainte-Marie-Madeleine se dressait jusqu'à la destruction de l'église lors de la Première Guerre Mondiale, sur un tertre placé en zone inondable, dont la première mention remonte à 1246. Située en bordure de la RD 268, dans la partie la plus importante de la commune, le flanc sud du tertre est à 50 mètres de l’église actuelle. Le site est à 100 mètres de la rivière du Décours et à 300 mètres de la Scarpe canalisée. Le site présente une forme circulaire présentant une dénivellation de 27 mètres. L’accès se fait par un escalier de 53 marches, le tertre portait l’église jusque 1914 et les tombes occupaient le reste de la plateforme. Aujourd'hui, une partie du soubassement de l’église est visible, toute la plateforme est occupée par le cimetière, étendu hors du tertre à partir de 1988, dont les flancs sont soutenus par des murs en pavé sur plusieurs côtés. L’érosion laisse apparaître quelques ossements de part et d’autre. Ne semblant avoir jamais été un site castral, cette butte ne relève d'aucune juridiction seigneuriale et ne détient, jusqu'à preuve du contraire, aucun droit de justice. 
    Une description du début du XVIII° siècle, livrée par Alain Plateaux livre des éléments précis sur la nature des lieux : «L’église est eslevée sur un tertre ou petite montagne qui présente une assez agréable vue dans les lieux circonvoisins et en decouvre d’assez esloignés comme Tournai, La Trinité, Orchies, Mons-en-Pévèle, Anchin, Marchiennes, Quesnoy, Valenciennes, Condé et autres». Le texte ajoute que la «petite montagne sur laquelle est placée l’église est pendant l’hyver une isle à cause du débordement de la Scarpe et du Launon», c'est-à-dire l'Elnon, qui passe à Saint-Amand-les-Eaux. La description est d'ailleurs confirmée par une planche des albums de Croÿ représente le site et l’on constate en outre que la «motte» n’est pas ceinte de fossés. Néanmoins, un problème subsiste quant à la hauteur du monticule. Au XVIIIème siècle, une levée de l’ingénieur Masse fait état d’une élévation de 5 à 6 toises, soit environ 10 mètres. Or, les cartes d’Etat-major annoncent que celle-ci passe de 17 à 27 mètres. Le tertre a-t-il reçu un apport de terre ou y-a-t-il eu des erreurs de mesure? La seconde hypothèse semble plus plausible. Quoiqu’il en soit, le tertre porte longtemps un édifice religieux. 
    Le 14 juillet 1146, Guillaume de Filastre, évêque de Tournai constate que l’église est en bon état, et ce grâce à certaines réparations. Une gouache des Albums de Croÿ de 1606 la montre partiellement ruinée. Encore à cette époque, l’église est bâtie sur un plan carré dans le style «roman». L’élévation semble être en moellons de pierres de Tournai et la couverture en ardoises. Le plan carré a été prolongé par une construction plus récente. Cet état ne semble pas remonter au delà du XVIIIème siècle. En 1781, il devient nécessaire de rebâtir un nouveau sanctuaire dont il reste quelques traces. Des photographies prises avant 1914 donnent une idée assez précise de ce bâtiment; Détruit lors de la Grande Guerre et sans grand intérêt architectural, les dimensions internes étaient de 20,20 mètres sur 15. Dans l’axe et à l’ouest, un porche servant de base à une tour large de 5,8 mètres, haute de 19 mètres et dont la croix culminait à 28 mètres. L'église actuelle a été batie en 1926, un peu plus loin, permettant de libérer de la place pour de nouvelles inhumations. Dans une zone éminement inondable, au voisinage de deux cours d’eau, il est donc plus que probable que nous soyons ici en présence d’un terp dont la destination religieuse s’est affirmée assez tôt. Si le terrain n’a pas été modifié trop profondément, seule une fouille pourrait confirmer cette hypothèse. Qui plus est, le toponyme même renforce cette interprétation puis qu'il indique la nature inondable des lieux.
     
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